Conférence: « Sciences et paradigmes : comment faire de bons choix alimentaires »

Publié le par afislr

 

Dans le cadre de ses « Rencontres pour l'information scientifique », l'Association Française pour l'Information Scientifique du Languedoc-Roussillon (AFIS LR) organisait le jeudi 25 octobre 2012 une conférence sur le thème : « Sciences et paradigmes : comment faire de bons choix alimentaires ».

Un regrettable malentendu nous avait privés ce jour-là d'un vidéoprojecteur. Malgré ce handicap, Claude-Louis Léger nous a présenté un exposé clair et argumenté qui a passionné le public présent ce soir-là.

CLL

L'intervenant a commencé par nous rappeler quelques définitions et en particulier la différence entre "alimentation" et "nutrition" ainsi que celle qui existe entre "sécurité alimentaire" et "sécurité nutritionnelle". Il a ensuite développé les approches en épidémiologie nutritionnelle (études écologiques, études de cas témoins, études prospectives de cohorte, et études cliniques), les niveaux de pertinence des conclusions des études épidémiologiques et cliniques (convaincant, probable, possible, pas de relation, et niveau de preuves insuffisant), et les seuils d'action (bénéfiques ou délétères).

Ont ensuite été exposées les interactions multiples entre nutriments, illustrées par le cas des fibres (avec notamment les sels biliaires, les lipides et les minéraux), celui des vitamines B6, B9, et B12 (dans la synthèse des globules rouges), celui de la vitamine D, du calcium et du magnésium (dans le maintien du capital osseux), celui du lycopène avec les constituants de  la tomate, et enfin les interactions aliments - médicaments.

Quelques paradigmes bien installés ont été ensuite examinés : celui des graisses supposées mauvaises pour la santé – et ceci quelle que soit leur nature –, ce qui a pour conséquence le développement des aliments allégés totalement inutiles pour lutter contre le « mauvais cholestérol » comme le démontrent des études chez l’Homme ; celui des oméga 3 dont la dernière méta-analyse très médiatisée aurait montré leur inefficacité dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires (oubliant l’énorme somme d’études ayant précédé cette étude et qui montre au contraire leur efficacité à condition que l’on ne confonde pas les deux grandes familles d’oméga 3 : les oméga 3 à longues chaînes et les autres oméga 3), celui des antioxydants dont les effets « systématiquement » bénéfiques sont ultra-médiatisés, alors que cette perception est régulièrement et depuis longtemps remise en cause (voir le n° 283 de Science et Pseudo-sciences) ; celui des aliments « bio », donnant ainsi l’opportunité de rappeler que les études reprenant l’ensemble des données fournies par les investigations satisfaisant aux qualités scientifiquement requises concluent à l’absence d’avantage nutritionnel ou sanitaire de ces aliments (voir le n°290 d’avril 2010 de SPS: « Dix questions sur l’agriculure biologique » LM Houdebine).

En conclusion, il fut rappelé que l'approche de la nutrition, comme dans le cas des autres approches scientifiques, repose sur l'emploi de la raison et de règles scientifiquement établies, que de bons choix alimentaires ne se font que rationnellement et que les informations médiatiques sont le plus souvent irrationnelles.

La fin de la conférence a été suivie, comme d'habitude, d'un débat avec les spectateurs, qui a permis de préciser et de compléter plusieurs des aspects évoqués lors de l'exposé.

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